13 March 2017

Le Pantanal Nord, un refuge naturel pour le Jaguar

 

Carte d'identité d'une espèce menacée

Le Jaguar est un animal emblématique du Brésil. Troisième plus grand félidé actuel, après le lion et le tigre , il est l’un des grands prédateurs les moins connus des scientifiques, ce qui en fait un félin fascinant.

Il est arrivé par le détroit de Béring à la fin de l’ère tertiaire et est allé vers le sud lors de l’émergence de l’isthme de Panama. S’il n’est pas le plus gros des félins, il est en revanche le plus puissant avec sa mâchoire capable de broyer le crâne de ses victimes, les tuant sur le coup. Bien que n’ayant pas de prédateur naturel, le jaguar est un animal très secret qui passe le plus clair de son temps à l’abri des regards indiscrets. Ce fauve tacheté fait partie des espèces qui trouvent dans la forêt brésilienne un habitat idéal où elles peuvent vivre cachées et chasser dans les meilleures conditions.

 

[ Rôle écologique ]

Le jaguar adulte est un superprédateur, ce qui signifie qu’il est au sommet de la chaîne alimentaire et n’est pas lui-même considéré comme une proie dans la nature. Le jaguar est une espèce clé de voûte, car il régule les populations de proies, maintenant l’intégrité de la structure des systèmes forestiers.

Toutefois, déterminer avec précision l’effet des espèces comme le jaguar sur les écosystèmes est difficile, car les données doivent être comparées aussi bien dans les régions où l’espèce est absente que dans ses habitats, tout en contrôlant les effets de l’activité humaine. Il est généralement admis que la population de proies augmente en l’absence de prédateurs, et que cela a des effets négatifs en cascade. Toutefois, le travail de terrain a montré que la variabilité des populations pouvait être naturelle, ainsi, l’appellation « espèce clé de voûte » pour le jaguar n’est pas plébiscitée par tous les scientifiques.

Cependant, le nombre de jaguars n’a de cesse de diminuer, mettant en péril l’équilibre écologique de tout le pays. En effet, ce super-prédateur est pratiquement le seul à être capable de chasser cerfs, tapir et caïmans ce qui maintien l’équilibre complexe de l’écosystème brésilien.

Victime de la déforestation et de la chasse, il a quasiment disparu des forêts Atlantiques de la côte brésilienne et sa présence se raréfie sans cesse, même au sein de l’Amazonie. Sa situation est donc précaire à l’heure où l’abattage sauvage reste totalement incontrôlé et grignote chaque jour sur son espace vital. Cet animal solitaire a de plus en plus de mal à trouver des territoires de chasse où il peut vivre sans se confronter aux humains.

                                                  

Dans ces conditions, le Parc National du Pantanal Nord constitue un refuge pour cette espèce comme pour beaucoup d’autres. Aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la plaine du Pantanal Nord est un des rares lieux d’Amérique où vous pouvez encore observer le jaguar dans son habitat naturel.
C’est entre juin et septembre, quand le niveau des eaux baisse progressivement et que son terrain de chasse s’élargit que vous aurez le plus de chance de l’apercevoir, en train de profiter de la chaleur du soleil ou en quête de nourriture.

 

[ Menaces & Conservation ]

Au Brésil, le jaguar est répertorié par IBAMA (Institut brésilien de l’ environnement et des ressources naturelles renouvelables) comme menacées d’extinction. La conversion de l’habitat en terres agricoles est la principale cause de la réduction de 50% du territoire d’origine du jaguar. Par ailleurs,si le jaguar n’a pas de prédateur naturel, l’homme reste sont principal ennemi. Il est victime du braconnage incessant dont il fait l’objet pour sa magnifique fourrure, ses pattes et ses dents. Le jaguar est éteint dans deux (Uruguay et El Salvador) des 21 pays où il historiquement eu lieu .

 Le jaguar est protégé par la loi dans la majorité des pays où il se trouve. En Bolivie, la chasse est encore permise, et le jaguar n’a pas de protection juridique en Équateur ni en Guyane. L’Amazone est le principal refuge pour le jaguar. Dans tous les autres habitats, la fragmentation de l’habitat a isolé les populations de jaguar et constitue la principale menace pour l’espèce. La restauration et l’entretien des corridors entre les populations isolées est la principale stratégie dans la conservation du jaguar...

 

                           

 


© JP Algarra, B.Dupont

Sources : www.manimalworld.net - www.brazil-selection.com - www.les-felins.com