22 December 2016

L'Islande : terre de glace et de feu, découvrez un paradis ornithologique

Retrouvez l'article complet sur le lien suivant Oiseau Mag 86 - Voyage Islande - Patrice Costa

Falaises islandaises

Terre de glace et de feu, l’Islande est très courue par l’avifaune des escarpements rocheux de l’Atlantique Nord. Morceau  choisi sur la côte sud, à Ingolfshöfoi, le promontoire des macareux et des grands labbes.

C'est une plate-forme tabulaire qui  s’étire   sur  la côte sud-ouest de l’Islande. Un long cap dont la ligne de  crête et  les  falaises abruptes font face à l’océan, tandis que le revers herbu s’incline en pente douce vers  les  lagunes littorales d’une vaste plaine humide ourlée de  plages de  sable  noir. 

Qualité et densité

Environ 75 espèces, en majorité migratrices, se reproduisent en Islande, mais cette diver- sité assez modeste est compensée par le nombre. Tour d’horizon succinct.

En Islande, lors de l’été arctique, la plupart des sites de falaises qui accueillent les grands couarails d’alcidés ou de laridés sont accessibles au visiteur et toutes les cartes disponibles à l’office  du tourisme de Reykjavik font  mention des nombreuses réserves naturelles qui émaillent le littoral.  Outre le promontoire  d’Ingolfshöfoi,  on peut citer les escarpements rocheux d’Arnastapi, au bout de la péninsule de Snaefellsnes, ceux de Latrabjarg, un cap au nord-ouest des fjords de l’Isafjördur où se concentre la plus importante  colonie de pingouin torda de l’Atlantique Nord, mais aussi les îles Vestmann, seul endroit de nidifica- tion du puffin des Anglais ou encore le Breidafjördur, ce large fjord aux mille îles où il est facile d’observer l’un des 35-40 couples de pygargue à queue blanche islandais en em- pruntant  un bateau croisière au départ de Stykkishölmur. Ailleurs, les milieux spartiates des champs de lave, des calottes glaciaires ou de la toundra  qui règne sur les hauts plateaux du centre attirent  peu ou pas d’espèces, contrairement aux basses terres très fertiles situées le long des régions côtières et dans les vallées où le climat est le plus doux.

Myvatn, lac à canards

La route nationale 1, désormais entièrement goudronnée, qui fait le tour de l’île à l’excep- tion de la péninsule d’Isafjördur, est un excellent moyen de côtoyer de près la clientèle des prairies où baguenaudent les éternels moutons et les charmants petits poneys islandais. C’est ici le royaume de l’huîtrier pie, du chevalier gambette, de la communauté braillarde des sternes arctiques. Le phalarope à bec étroit  ou le plongeon catmarin installent leurs nids au vu de tous au bord des mares qui bordent l’axe routier, notamment  au sud-est, entre le parc national de Skaftafell (bonne place pour admirer le bécasseau violet et le bruant des neiges) et le port de Höfn. Ces plaines bordières sont aussi parsemées d’étangs plus ou moins importants où se plaisent le plongeon imbrin, le cygne sauvage (2 500 couples), l’oie cendrée, la harelde boréale, le fuligule milouinan et l’omniprésent eider à duvet, que quelques fermes exploitent encore pour ses plumes. Plus au nord, le complexe lacustre Myvatn, situé sur le fossé central de la ride médio-atlantique, est un célèbre spot pour les anatidés. Sur ses eaux calmes ou sur les bords de la rivière Laxa vivent le garrot d’Islande (800 couples endémiques à l’île) et l'arlequin plongeur, cet étonnant  canard plongeur au plumage patchwork  bleu noir, roux et blanc. Les villages abritent quelques espèces de passereaux dont la grive mauvis (300 000 couples !), la bergeronnette grise et le sizerin flammé. Même la capitale est appréciée par le peuple ailé. Au coeur de Reykjavik, le lac Tjörnin, alimenté en eau chaude, est pris d’assaut par les laridés et les anatidés toute l’année. Tandis qu’au printemps, c’est dans les petits jardins urbains qu’il faut rechercher le merle noir. Une curiosité locale, puisque ce turdidé si commun sur le Vieux continent ne compte ici qu’une poignée d’irréductibles couples nicheurs implantés là depuis 1991... PATRICE COSTA

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